Le Grand Prix en folie 1957

Publié le par Alain Dissoir

   1957, année glorieuse s'il en fut, surtout pour la néerlandaise Corry Brokken (rien qu'à entendre son joli nom on a tout de suite l'impression que la gestapo va taper à notre porte...) qui chantait:  "Net als toen" qui signifie, d'après ma traductrice personnelle Güdrün Spinoza, "Tout comme avant".
Nette baisse de participation cette année avec seulement dix pays en compète (et dans compète il y a... (?) ).

En vrac, retenons pour le Luxembourg cette chère Danièle Dupré et son interprétation de "Amours mortes" qui a bien plombé l'ambiance d'entrée comme quoi le bonheur n'est pas toujours en Dupré et celle de Paule Desjardins surnommée par ses consoeurs  "tu nous les brises Alice" et qui serina "La Belle Amour", nom d'une guinguette malodorante du côté du côté de Nogent-sur-Seine dans le nonente-trois une fois. [:o]

Vous l'aurez donc remarqué, un petit parfum d'écologie survola le concours cette année-là avec des noms d'artistes bucoliques (message aux fans de oune dosse tresse: c'est pas une maladie) qui fleurent bon la campagne; on imaginerait presque notre chère Maïté essayant de nous fourguer son petit rond de lait... [:o]
Rien qu'en écoutant la chanson autrichienne, "Wohin kleines pony" ("Où vas-tu petit poney?") l'odeur subtile des bouses nous monte soudain aux naseaux.

Le couple danois Birthe Wilke et Gustav Winckler aux prénoms hyper facheune (pensez-y pour votre future progéniture) [:o] , chantaient "Shibet skal' sejle inat "(eh voui la méthode globale a également fait des dégâts chez les danemarkois...) ("Le bateau navigue ce soir"). Titre prémonitoire car l'eurovision fut pour eux synonyme de naufrage.
A noter l' originalité folle de la chanson allemande "Telephon telephon" que nous traduirons prosaïquement par "Téléphone téléphone", un titre non seulement novateur à une époque où seuls 2% des ménages en étaient pourvus et où il fallait invariablement passer par une standardiste, mais également récurrent vu le nombre d'occurances dans le concours.

La Suisse passa donc le flambeau à la Hollande (l'autre pays du chite) en la personne de Corry Brokken avec une chanson que l'on n' entendit plus jamais par la suite et qui disait que les choses passent mais reviennent toujours comme les modes , ce qui inspira des années plus tard un certain Clo-Clo.  A cette époque bénie la tendance n'était pas encore de chanter en anglais par conséquent la chanson eut beaucoup de mal à s'exporter.

Après cette parenthèse musicale, la petite Corrie s'en retourna bosser dans sa fabrique de Gouda où elle fit son beurre comme bouche-trou à gruyère car pour elle faire carrière dans le chaud bise c'était râpé d'autant plus que la mode était au rock fort. Mais elle n'en fit point tout un fromage. Autrefois on l'appelait "Babybel Oued" en hommage à ses origines subsahariennes mais elle avait fondu en larmes un jour où les dames du village l'affublèrent du surnom de "Vache qui rit". Entre temps elle épousa le gros Jean et donna naissance à un petit Louis qui avait pris l'habitude de s'écrier "Qu'il est con ce coyotte!" lorsqu'il regardait les dessins animés. Il fêta bien vite ses trois ans et passa les tiers de son temps devant la télé, concentré, achetée à crédit chez Darty.
Côté média on revit la sémillante Corry des années après sur le dos d'une vachette dans la célèbre émission Jeux sans frontières présentée par les inénarrables Léon Zitrone et Guy Lux.  Chaque an, à mesure que la date du concours approchait on lui demandait quelques pronostics sur les contestants. Du coup elle eut l'idée de se spécialiser dans la voyance et devint la consultante privée de la reine Juliana qu'elle avait surnommée Tata Yoyo à cause de son grand chapeau.
Pour se faire un peu d'argent de poche elle présenta la météo mais à force de n'annoncer que de la pluie, le pays fut bien vite inondé et à cause d'elle des digues durent être érigées en catastrophe afin d'endiguer les flots. Après ce désastre elle fut condamnée au bagne et envoyée à Cayenne aux travaux forcés qui consistaient à moudre du poivre toute la journée. Mais elle put fort chanceusement bénéficier d'une amnistie grâce à la loi "guide en rut" qui prévoyait l'ajournement des peines pour les gagnantes de l'Eurovision et les dileuses de boursin au poivre... [:o)]
Nonobstant les protestations du ministre de l'intérieur Zycossar Polder qui cria au scandale et faillit s'étouffer entre deux bouchées d'emmenthal. Pistonnée par le célèbre duo politique Hollandois France et Gasoline Féodal (tout le monde se souvient de leur tube "Laisse donc le guignol à l'Elysee" inspiré d'une chanson de Sheila et Ringo) , elle entama une seconde carrière dans la célèbre émission du sire Sevran,  "La chance aux chaussons",sous le charmant pseudo de Georgette Tamère.

Mais hélas elle fut vite retirée de l'antenne car ses apparitions engendrèrent un effondrement du cours de la tomate ainsi qu'une grève générale parmi les aides à domicile qui en eurent vite marre de nettoyer les écrans maculés de la pulpe dudit fruit lancé par des mamies acariâtres aussi rouges que leurs projectiles tandis que de l'autre main elle tapaient frénétiquement le 2 sur le cadran téléphonique sur les conseils de Mycôse Alagâle afin d'éliminer la donzelle qui s'empressa d'ajouter à son répertoire la chanson de Clo-Clo "Mal aimée, je suis la mal aimée... [;(]

Ainsi s'acheva la carrière éphémémère de la pauvre Corry Brokken. Si cette histoire vous a émues envoyez nous sans tarder votre obole fut-elle modeste et nous nous ferons un plaisir de la lui transmettre dans les plus brefs délais... [:)(]

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